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Séminaire Husserl : "Forme et structure dans la phénoménologie eidétique"


Coordonné par John Rogove, Paula Lorelle, Raluca Mocan

Mercredi, 17h-19h30, Salle Info 1 au NIR, 45, rue d’Ulm

Science descriptive des phénomènes, la phénoménologie analyse les vécus, entre autres, à travers la méthodologie de la variation eidétique, qui mène à la saisie des essences de l’expérience. A ce propos, Husserl distingue entre essences formelles et essences matérielles ; si l’essence formelle prescrit les formes et la structure de l’objectivité en général, l’essence matérielle prescrit à l’objet les formes et les structures de son individualité, quels qu’en soit les degrés – de sa spécificité eidétique jusqu’au genre suprême qui est le sien. Comment comprendre la notion de « forme » ou « structure » individuelle ou « régionale » ? La variation eidétique permet à la fois une analyse des moments constitutifs de tout vécu concret que sont les composantes réelles (hylétiques) de chaque vécu et les composantes idéelles (morphologiques), et en débarrassant celles-ci de leur « individuation », de saisir les unes et les autres d’après leur type. La matérialité ici concernée est diverse selon le niveau d’activité et le type de soubassement hylétique considéré. Quant à la formalité ici concernée, elle est évidemment d’un autre ordre que la formalité au sens de l’objectivité en général. Le rapport entre les formes individuelles ou régionales et la forme générale de l’expérience est un bon point de départ pour comprendre la notion phénoménologique d’« a priori matériel », où l’on voit émerger une loi a priori de l’expérience qui fait l’économie d’une distinction toute faite entre la forme de l’expérience et son contenu.
Parmi les enjeux de la phénoménologie eidétique, il y a cette complexification de l’idée de formalité en tant que formalité de l’expérience : formalité logique et générale, formalité matérielle et individuelle, qui, en outre, se trouvent nécessairement entrelacées dans les essences matérielles. Voilà l’originalité de cet enjeu spécifique – la thématisation du contenu du vécu en sa phénoménalité matérielle – qui s’exprime dans l’appel d’un retour « aux choses mêmes ». Or, dans quelle mesure cette thématisation implique-t-elle une approche transcendantale, c’est-à-dire une analyse en termes de conditions formelles de possibilité ? La mesure de cette implication est décisive pour cerner l’originalité de la phénoménologie eidétique. La pertinence d’une approche transcendantale pour la phénoménologie eidétique signifie que celle-ci ne peut pas se passer d’une polarité subjective, car, en tant qu’analyse des vécus de conscience, elle se réalise toujours dans le champ de la conscience. Mais, si cette portée transcendantale de l’analyse eidétique peut se prolonger et s’articuler dans une analyse intentionnaliste, elle n’implique pas nécessairement un questionnement transcendantal du pôle subjectif lui-même, des conditions de possibilité de la conscience. Par conséquent, si quelques-unes des démonstrations fondamentales de la phénoménologie husserlienne peuvent sembler se réduire à des arguments transcendantaux, est-il possible d’opérer une réduction à la pure structure intentionnelle sans privilégier l’un de ses pôles, le pôle égologique, qui dégagerait des pures structures de l’expérience ?
Parmi les objectifs du séminaire sera donc celui de mettre l’accent sur la complexité de l’idée de formalité dans la phénoménologie eidétique, particulièrement sur la manière dont elle émerge dans l’analyse des essences matérielles et des essences individuelles. Un second objectif est de déterminer dans quelle mesure il faut décliner l’analyse eidétique dans les termes de l’argumentation transcendantale, en évaluant le degré de nécessité de l’implication d’une subjectivité auto-réfléchissante, ou au contraire si les tentatives pour formaliser les descriptions matérielles-régionales en ontologies formelles peuvent aboutir à une phénoménologie des structures de toute manifestation en tant que telle.

Programme :

13 novembre 2013 : Carlos Lobo (Université de Caen) : Abstraction, généralisation, formalisation, idéation. Quelques remarques sur le sens d’une évolution terminologique dans la phénoménologie de Husserl

18 décembre : Claude Romano (Université Paris-Sorbonne) : séance spéciale de table ronde autour du chapitre : « Un essentialisme sans essences ? » (Au cœur de la raison, la phénoménologie, Gallimard 2010)

29 janvier : Raluca Mocan (Université Paris-Est) : Forme et contenu d’appréhension chez Husserl (1904-1912)

26 février 2014 : Claudia Serban (Université Paris-Sorbonne/Fondation Thiers) : Eidétique égologique et ontologie eidétique du monde

5 mars : Alexander Schnell (Université Paris-Sorbonne) : L’institution de l’idéalité chez Marc Richir

26 mars : Pierre-Jean Renaudie (FCT-Universidade do Porto) : Simplicité des formes, complexité des structures

18 juin : Bernard Besnier (Université Paris-Diderot, UMR 7219, SPHERE)
« L’ontologie formelle de deuxième espèce dans Logique formelle et logique transcendantale de Husserl »,
salle F 040, Université Paris-Sorbonne, Galerie Richelieu, escalier E, 2ème étage, 1, rue Victor Cousin, 75005 Paris, de 17h à 19h.

25 juin : Dominique Pradelle (Université Paris-Sorbonne, Archives Husserl)
« Phénoménologie des modalités »,
salle F 040, Université Paris-Sorbonne, Galerie Richelieu, escalier E, 2ème étage, 1, rue Victor Cousin, 75005 Paris, de 17h à 19h.

 

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