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Wittgenstein, Blumenberg : thérapeutique philosophique et anthropologie du langage

Journée d’étude organisée par les Archives Husserl (CNRS/ENS, UMR 8547)

avec le soutien du Labex TransferS,

opération « De Cambridge à Cambridge »

Samedi 26 janvier 2013

Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005

pavillon Pasteur, sous-sol, salle de réunion


Programme

9h30 : Introduction de la journée
9h45 : Jean-Claude Monod : « Le monde est… ». Lectures blumenbergiennes du Tractatus
10h45 : Christiane Chauviré : L’anthropologie et ses usages philosophiques : Dewey, Wittgenstein, Blumenberg
11h45 : pause
12h : Elise Marrou : De nobis ipsis silemus : levées de l’interdit anthropologique
13h : fin de la matinée

15h : Marion Schumm : La sédimentation comme métaphore pour l’historicité du savoir
16h : Nicola Zambon : Metaphernpflichtigkeit de la pensée. Réflexions sur la catachrèse à partir de Hans Blumenberg
17h : pause
17h15 : Denis Trierweiler : Les entrées de Wittgenstein dans Les Sorties de cavernes

Contact : jcmonod@gmail.com

Argument de la journée

Wittgenstein et Blumenberg sont deux philosophes inclassables du XXe siècle et des « fondateurs de discursivité ». Leur ancrage originel dans l’espace intellectuel germanophone (dans les parages du Cercle de Vienne pour Wittgenstein et de la phénoménologie pour Blumenberg) s’est doublé, dans l’un et l’autre cas, d’une rupture avec les traditions et les courants constitués, comme avec les prétentions (idéaliste, scientiste, mais aussi phénoménologique) à construire une « science philosophique » achevée. Des convergences de thèmes (plutôt que de « thèses ») ont été observées avant même que Blumenberg ne fasse explicitement référence à Wittgenstein pour sa réflexion sur les illusions linguistiques de la métaphysique, sur les limites de l’expression conceptuelle, sur les usages de la métaphore. Aujourd’hui, c’est tout autant cette « théorie de l’inconceptuabilité » que le partage d’une « approche anthropologique » de la rhétorique, des jeux de langage et des activités symboliques qui retient l’attention.
Etudier la relation entre Blumenberg et Wittgenstein permet ainsi de revisiter l’étrange destin de l’auteur du Tractatus, fondateur malgré lui d’une tradition analytique qui s’est en partie construite sur la base d’un malentendu, tout en éclairant l’évolution du promoteur de la « métaphorologie » et sa prise de distance à l’égard de « l’histoire de l’Etre » heideggérienne. C’est aussi rouvrir l’interprétation d’énoncés et de mots d’ordre qui ont marqué et marquent encore la philosophie, tant « continentale » qu’ « analytique » : quel sens doit revêtir la « critique du langage » nécessaire à la lucidité philosophique ? De quelle façon penser un « dépassement de la métaphysique » ? Le « tournant linguistique » a-t-il occulté un « tournant anthropologique » ? Qu’est-ce que la philosophie doit faire de sa propre histoire et de son legs de « problèmes » ? Faut-il et peut-on bannir les métaphores du discours conceptuel ?
 

 
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