École normale supérieure
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23 novembre-Formalisme russe

Séminaire "Transferts culturels"

Programme complet en PDF, cliquez ici

Le séminaire s’efforce de suivre l’évolution des recherches sur les transferts culturels, notamment mais pas exclusivement ceux qui impliquent l’espace germanophone. Cette année seront abordés à partir d’exemples transnationaux des domaines ressortissant à l’histoire des sciences humaines : sciences de l’Antiquité, histoire des traductions, histoire de la musique et de l’enseignement philosophique, histoire transnationale du livre, de l’archéologie, de l’art, de la science des religions. Nous traiterons des cas de figures germano-russes, germano-grecs, germano-turcs, ou encore franco-germano-belges, dans une tentative de préciser les contours d’une historiographie culturelle transnationale.
Les séances ont lieu le vendredi matin de 9h30 à 12h30 à l’Ecole normale supérieure (29 et 45 rue d’Ulm ; attention ! la salle varie selon les séances, voir programme ci-dessous).
Le séminaire est ouvert à tous les étudiants, chercheurs et enseignants-chercheurs intéressés. Il valide 3 ECTS du Département d’histoire de l’ENS.
Contact : UMR 8547 Pays germaniques-Transferts culturels
michel.espagne@ens.fr, pascale.rabault@ens.fr, anne-marie.thiesse@ens.fr

23 novembre 2012 – Formalisme russe

salle Beckett, 45 rue d’Ulm

Sergei Tchougounnikov (Dijon, CNRS-ENS) : « Formalisme russe » et « formalisme germanique » : les formalismes européens dans la perspective de l’« éclaircissement réciproque » (wechselseitige Erhellung)

Ce n’est pas du point de vue de la critique des sources et des influences que nous aborderons les formalismes européens, tels qu’ils se sont développés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe dans l’espace germanique (Allemagne, Autriche) et russe. Mais nous confronterons le corpus conceptuel du « formalisme russe » à diverses tendances « formalistes » élaborées dans la tradition germanique, aussi bien dans les sciences du langage et de la littérature que dans l’histoire de l’art et de l’esthétique.
Nous partons de l’idée de l’unité constitutive du courant formaliste européen réside justement dans la continuité de son programme qui autorise le travail de comparaison. Le « formalisme » sera avant tout examiné comme un fait épistémologique. Par conséquent, il sera d’abord question de la définition épistémologique du formalisme, qui permettrait de poser d’emblée un cadre comparé. En renonçant à une perspective traditionnelle qui pose le formalisme comme un simple précurseur du structuralisme, nous resituerons le projet formaliste dans le contexte du savoir de son temps, en démontrant ses liens génétiques avec diverses disciplines de cette période : tendances particulières au sein des sciences du langage, telles que la « linguistique psychologique », la « philologie de l’écoute » (Ohrenphilologie), la « technique de la parole » (Sprechkunde), la « nouvelle rhétorique » ; la psychologie ; la caractérologie ; l’histoire de l’art. Il s’agira de restituer le projet formaliste germanique et russe dans sa complexité et son hétérogénéité, comme une science expérimentale fondée au croisement de nombreuses disciplines et nourrie de leurs apports. Cet exposé veut être le point de départ d’une analyse comparée des formalismes européens, avec pour but une relecture épistémologique du phénomène formaliste dans l’Europe du tournant des deux siècles.

Michel Espagne (CNRS-ENS) : Des sciences humaines allemandes aux sciences humaines russes : sauvetage et réinterprétation

Le passage des sciences humaines allemandes aux sciences humaines russes est un phénomène qui doit s’observer dans la longue durée, l’Université de Dorpat ayant été, par exemple, pour la plus grande partie du XIXe siècle une université de langue allemande. Cette présence de la référence allemande dans les sciences humaines russes concerne tout particulièrement la philologie, les savoirs qui en découlent (linguistique, ethnologie, histoire des religions), la psychologie et l¹histoire de l’art). Mais loin de se présenter comme une continuité, le passage du contexte germanophone à la Russie prend souvent la forme d’une resémantisation et d’un sauvetage de travaux publiés et oubliés en Allemagne. Ce sont en outre des savants allemands étroitement liés aux institutions russes qui s’engagent dans l’exploration des confins orientaux de l’empire. La contribution envisagera divers aspects de ce transfert essentiel pour une histoire européenne globale des sciences humaines
 

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