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Surprise et spontanéité des émotions : un vecteur de cognition élargie

Natalie Depraz

Séminaire "Emotions » 2015-2016 - « Emotions esthétiques et émotions traumatiques »

Le projet de recherche s’inscrit ci-dessous dans le cadre d’un projet ANR EMCO, intitulé Emphiline (janvier-2012-janvier 2015). En collaboration avec Marc Crépon et Emmanuel de Saint-Aubert (pour les Archives-Husserl, équipe pilote), Agnès Celle et Pascale Goutéraux (Université Paris-Diderot) et Thomas Desmidt et Vincent Camus (Inserm, Tours).

Situé à la croisée de plusieurs disciplines, philosophie/phénoménologie, linguistique/psycho-linguistique, neurosciences/physiologie cardiovasculaire-psychiatrie, ce projet s’inscrit dans la problématique générale de l’interaction entre émotions et cognition. Cependant, au sein de cette relation, l’accent sera davantage porté sur le rôle (l’impact, l’influence, l’effet) des émotions dans le fonctionnement cognitif. A cet égard, parler de « rôle » permet de souligner son caractère non-mécanique, non-linéaire, structurel et global, et de m’inscrire dans le cadre général d’une intégration possible de l’émotion dans le système cognitif, et ce, à rebours de deux hypothèses épistémologiques encore dominantes aujourd’hui, à savoir : 1. le rôle dominant exclusif de la rationalité computationnelle et l’absence d’une prise en compte des émotions dans la cognition ; 2. le statut exclusivement perturbant voire entravant des émotions dans les processus cognitifs.

Le projet se situe ainsi dans un contexte scientifique pluridisciplinaire : 1) neuro-biologique, en ce que s’y trouve mise en avant une cognition incarnée (Varela) et intégrative (Damasio) du sujet vivant, 2) en lien avec des antécédents philosophiques phénoménologiques qui placent au premier plan l’expérience corporelle d’un sujet concret inscrit dans le monde (Husserl, James, Merleau-Ponty), et 3) avec des répondants linguistiques qui valorisent les contextes d’énonciation et la dynamique des interactions entre locuteurs comme éléments constitutifs du soi.

On se situe donc au cœur de la tension entre ces deux fonctions apparemment antinomiques de l’émotionnel : facilitation/inhibition, mais il s’agit ici d’explorer le rôle de l’imprévu et de l’insolite, de mettre l’accent sur la fécondité de la facilitation émotionnelle et la valorisation des notions d’heuristique, d’enaction, de nouveauté, d’inventivité, de création. Après un tour d’horizon des écrits et travaux d’exploration de corpus et de bases de données qui traitent de l’influence de l’émotion sur la cognition, on analysera plus précisément le composant émotionnel de la surprise (le sursaut, la spontanéité). En s’appuyant sur un dispositif expérimental éprouvé de génération de la surprise, l’hypothèse de travail consiste à identifier, mesurer, décrire les divers impacts, influences et effets de la composante émotionnelle de la surprise et les différents marqueurs neurophysiologiques, linguistiques et phénoménologiques observables. En prenant également appui sur plusieurs expériences complémentaires, sur des sujets dépressifs et non-dépressifs en psychophysiologie, des locuteurs natifs du français et de l’anglais et des apprenants de ces deux langues en psycholinguistique, et en phénoménologie, des entretiens d’explicitation dans ces deux domaines, il s’agira de démontrer que cette composante émotionnelle a un effet de modulation, voire de facilitation, des processus cognitifs.

 

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