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Axe 2. Circulation du discours sur l’art et réseaux littéraires

 

De Lessing à Heine

L’édition des œuvres de Heine en français doit se poursuivre avec la parution des épopées et de Lutèce. Deux textes sur Heine et son contexte (thèse sur Loève-Veimars, traducteur de Heine de Leslie BRÜCKNER, thèse sur Heine et le saint-simonisme de Nina BODENHEIMER) sont en cours de rédaction. Une thèse d’habilitation de Marie Ange MAILLET est en cours sur le prince de Pückler Muskau écrivain de la jeune Allemagne et proche de Heinrich Heine. C’est également à cette figure encore peu connue du Vormärz que sera consacré en 2011 un colloque à Branitz, dans sa propriété des environs de Cottbus.
Michel ESPAGNE travaille à la rédaction d’un livre sur Lessing pour les éditions Belin Ce sous-axe regroupe des recherches récurrentes de l’équipe sur un certain nombre d’auteurs : Heine, mais aussi Lessing, les frères Humboldt, Herder. Sandrine MAUFROY a engagé une recherche sur l’incidence de la philologie homérique de Friedrich August Wolf sur les représentations des littératures nationales au XIXe siècle.
La série des Voix allemandes des éditions Belin permet de façon générale de faire le point des recherches sur des écrivains ou des philosophes particulièrement notable dans l’histoire culturelle allemande. Après la publication en 2007 de monographies sur Blumenberg, Herbart par des membres de l’équipe puis en 2008 de monographies sur Lichtenberg et Odon von Horvath . Sont prévues des monographies sur Musil, Goethe, Benjamin, Cassirer, Baumgarten.

Histoire de l’art et esthétique

M. ESPAGNE, Bénédicte SAVOY et Céline TRAUTMANN-WALLER ont organisé à l’Académie des sciences de Berlin et du Brandebourg les 11 et 12 décembre 2008 un colloque sur « Franz Kugler, deutscher Kunsthistoriker und Berliner Dichter » qui a servi de pont de départ à un volume aux Editions de l’Académie de Berlin, paru en 2010
Franz Theodor Kugler (1808-1858) est un des plus importants historiens d’art du XIXe siècle. La publication de son Handbuch der Geschichte der Malerei von Konstantin dem Großen bis auf die neuere Zeit (1837) fut rapidement suivie par un deuxième ouvrage pionnier le Handbuch der Kunstgeschichte (1842). Les secondes éditions ont été complétées par son élève Jakob Burckhardt. Très ancré dans le contexte berlinois Franz Kugler eut aussi une œuvre poétique. Sa correspondance avec des écrivains comme Geibel ou Heyse, ses liens avec le peintre Menzel ou le romancier Fontane font de lui le centre d’un réseau sans lequel on ne peut comprendre la culture berlinoise de la première moitié du XIXe siècle. Kugler fut aussi un haut fonctionnaire prussien chargé de la gestion du patrimoine.

Ouvrage collectif « Dictionnaire des historiens de l’art allemands » (éd. par M. ESPAGNE et B. SAVOY)
On découvre peu à peu en France la place occupée outre-Rhin par une discipline, l’histoire de l’art, qui se situe au confluent de la philosophie, de l’esthétique, de la philologie et de l’histoire. Elle n’occupe une place dans les Universités qu’à partir du milieu du XIXe siècle mais se dessine dès le dernier tiers du XVIIIe siècle avec les travaux de Lessing et de Winckelmann. Les protagonistes de cette discipline occupent en Allemagne une place aussi centrale que les écrivains classiques ou les figures majeures de la tradition philosophique. Il s’agit bien d’une forme spécifique de pensée fondée sur la relation aux objets de la perception sensible. Mais il s’agit aussi d’un effort pour définir la place de l’Allemagne par rapport à la Grèce, à l’Italie de la Renaissance ou à la France dont les historiens de l’art importent et s’approprient symboliquement les formes. Inspirée par l’historicité hégélienne (Hotho, Schnaase,) par l’approche schellingienne de l’absolu dans l’art (Rumohr), par les développements de la psychologie (Schmarsow) ou de l’anthropologie (Aby Warburg), liée à l’histoire des grands musées (Bode), l’histoire de l’art est un champ disciplinaire dont l’étude permet d’éclairer tous les espaces voisins avec lequel il est en relation. L’une des manières les plus efficaces de prendre la mesure du phénomène consiste à juxtaposer les parcours intellectuels d’une trentaine de protagonistes incontestables de la discipline depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe, en soulignant moins leur parcours biographique que leur apport théorique spécifique à l’édifice en construction. Déchirés entre le genre de la narration historique et la description minutieuse des œuvres et de leur genèse à partir de sources archivistiques, entre le genre du catalogue d’exposition et celui du manuel, entre l’hagiographie et l’essai critique, les historiens d’art ont largement contribué aux réflexions sur le style d’exposition dans les sciences humaines et sociales. Leurs travaux ont suscité la construction de modèles, de l’histoire culturelle de Burckhardt aux ambitions anthropologiques d’Aby Warburg, largement transposables. Ils ont à la fois contribué à la constitution d’une identité nationale allemande au même titre que leurs collègues historiens mais ont, plus que ces derniers, relativisé cette construction identitaire en mettant en évidence les emprunts à l’Italie ou le rôle de la France. Il convient d’observer attentivement le parcours de ces figures pour comprendre pourquoi l’histoire de l’art s’est beaucoup mieux développée et implantée en Allemagne, dont elle constitue une spécialité, que dans d’autres territoires européens.
Aucun outil de référence de ce type n’existait en langue française, mais des travaux préparatoires ont été accomplis au sein du laboratoire « Pays germaniques : transferts culturels ».
Seront envisagés entre autres les apports théoriques des figures suivantes : Bode, Burckhardt, Clemen, Dehio, Einstein, Fernow, Fiedler, Fiorillo, Grimm, Justi, Kugler, Lichtwark, Meier-Graefe, Johann-Heinrich Meyer, Muther, Panofsky, Passavant, Raczynski, Raphael, Riegl, Rumohr, Schlosser, Schmarsow, Schnaase, Semper, Tschudi, Vöge, Waagen, Warburg, Winckelmann, Wölfflin, Worringer, Springer.
Hildegard WIEGEL, dont le travail porte sur les relations de l’esthétique à l’histoire de l’art et aux sciences de l’Antiquité et plus particulièrement sur Goethe et Johann Heinrich Meyer. Il s’agira notamment d’étudier les activités de collectionneur de Goethe, notamment ses collections de vases antiques et de voir comment ses représentations de l’art et de son histoire sont liées à la culture d’un réseau européen.

 
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