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Axe 3. Appliquer la phénoménologie













La phénoménologie ne se réduit pas à son histoire, fût-elle très contemporaine. Elle représente une tradition philosophique vivante, qui se caractérise par sa capacité d’intervention sur des problèmes, qu’ils soient issus de débats internes au champ philosophique actuel, ou de la confrontation de la philosophie avec des motifs venant d’autres disciplines, ou des réalités particulièrement insistantes.

Aussi une part importante des programmes des Archives sont-ils consacrés à la mise en œuvre de ressources issues de la tradition phénoménologique, ou post-phénoménologique, pour traiter des questions qui ont souvent eu une importance motrice dans la tradition phénoménologique mais auxquelles le débat contemporain a redonné une actualité en ouvrant pour elles de nouveaux espaces de discussion.

En premier lieu, à ce titre, il faut envisager tout ce qui relève de l’interface entre la phénoménologie et la philosophie de l’esprit, que cela soit dans ses versions naturalistes ou anti-réductionnistes. De ce point de vue, les Archives, dans l’actuel quadriennal, poursuivent leurs investigations ayant trait au lien entre phénoménologie et psychologie, en transportant l’interrogation notamment sur les terrains d’une possible phénoménologie de l’attention (N. Depraz) et de la perception (R. Barbaras, J. Benoist). Au-delà d’une seule contribution à la philosophie de l’esprit actuelle, la réflexion est engagée sur la relation entre phénoménologie et sciences cognitives et la possibilité d’une neurophénoménologie (N. Depraz).

D’un autre côté, là aussi en continuité avec les recherches précédemment menées, le laboratoire poursuit son effort de recherche sur le terrain d’une possible phénoménologie du langage, ou du rapport critique ou non entre respectivement phénoménologie et philosophies du langage et phénoménologie et linguistique (J. Benoist, J.-C. Monod). Cette enquête, incluant des recherches sur la notion de métaphore (J.-C. Monod) ou de traduction (M. Crépon, M. de Launay), se développe aussi à présent en direction d’une interrogation sur les liens entre phénoménologie et littérature (M. Crépon, E. de Saint-Aubert).

Un autre champ d’application majeure de problématiques de type phénoménologique qui fédèrent les efforts de beaucoup des chercheurs du laboratoire relève de ce qu’on appellera « philosophie sociale » au sens large du terme. Sous ce titre, on rangera toute une série de recherches, historiques et conceptuelles, sur l’intersubjectivité (N. Depraz, M. Galland), mais aussi l’enquête ayant trait à une détermination phénoménologique du social (J. Benoist, L. Perreau), débouchant y compris sur des questions qui touchent au politique ou au théologico-politique (J.-F. Courtine, M. Crépon, M. de Launay, J.-C. Monod).

Cette investigation quant au sens et aux formes phénoménologiques de la socialité entre en résonance avec le projet d’une réévaluation systématique du possible apport de la phénoménologie à une « anthropologie », philosophique ou non (J.-C. Monod, C. Sommer). Dans cette perspective s’inscrit aussi un groupe de travail mis en place sur l’animalité (A. Le Goff).

Enfin, à la faveur du nouveau quadriennal, un groupe de chercheurs des Archives ont décidé de réactiver un champ d’application traditionnel de la recherche phénoménologique en engageant une série de travaux sur l’esthétique, picturale ou musicale, dans son rapport à la tradition phénoménologique (D. Cohen-Levinas, M. Crépon, M. de Launay).

D’autre part, la mise en place d’un réseau thématique sur « Phénoménologie et mathématique » (J. Benoist, V. Gérard, D. Pradelle), en liaison avec le laboratoire de mathématique de l’Ecole Polytechnique (T. Paul), correspond à la nécessité de relancer un des chantiers traditionnels de la phénoménologie, dans le développement de laquelle les questions d’épistémologie mathématique ont été fondatrices, et qui a certainement de nouveau son mot à dire sur ce terrain à l’heure où s’imposent une remise en question et une réinterprétation des formalismes. Voir : http://www.math.polytechnique.fr/~paul/phenomath/

Dans toutes ces recherches, il s’agit de voir ce que l’usage de moyens phénoménologiques permet d’établir, en termes conceptuels et factuels, sur ces « choses mêmes » qui, du point de vue de cette tradition, constituent l’objet premier et dernier de la philosophie.

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