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Axe 1. La phénoménologie en contexte






 

Le premier axe de recherches des Archives Husserl a toujours été constitué par des travaux consacrés à l’histoire du mouvement phénoménologique et de son contexte.

Il s’agit en premier lieu d’explorer systématiquement les corpus husserlien (J. Benoist, J.-F. Courtine, N. Depraz) et heideggérien (M. Crépon, F. Dastur, J.-C. Monod, C. Sommer), dont la parution régulière des Husserliana et de la Gesamtausgabe a permis et permet de découvrir progressivement toute l’ampleur. Très régulièrement, les Archives tiennent des séminaires et groupes de lecture sur ces volumes : en 2010-2011 par exemple, un séminaire sur le volume XXXVIII des Husserliana, consacré à la phénoménologie de la perception et de l’attention (N. Depraz) et un groupe de lecture sur le volume XXXIX, consacré à la Lebenswelt (L. Perreau, J. Farges). Ce travail de réception et de commentaire débouche très souvent sur des traductions.

D’un autre côté, depuis une quinzaine d’années, sous l’impulsion de Jean-François Courtine et Jocelyn Benoist, le laboratoire s’est fait une spécialité de l’investigation des sources du mouvement phénoménologique et notamment de tout ce massif « proto-phénoménologique », parfois aujourd’hui recouvert sous le titre de « tradition autrichienne ». De nombreux séminaires ont porté sur Bolzano, Brentano et l’école de Brentano en général, ou sur des auteurs comme Herbart (C. Maigné), qui, sans participer exactement de ce courant, ont exercé sur lui une influence très forte.

Poursuivant cet horizon de recherches, un programme d’études a été ouvert sur la phénoménologie réaliste (phénoménologie de Göttingen : Pfänder, Reinach, Conrad-Martius, etc., mais aussi Ingarden), sous la direction de Jean-François Lavigne, en délégation aux Archives en 2010-2012. Là encore, l’étude érudite d’auteurs négligés mais dont on réapprend aujourd’hui à mesurer l’importance doit donner lieu à des traductions. Il s’agit tout à la fois de s’approprier et de faire connaître le continent phénoménologique, dans sa diversité.

Un autre aspect de cette exploration du contexte et de la variété de la phénoménologie, est l’intérêt persistant pour le néo-kantisme (M. de Launay, J.-F. Courtine), dans ses interactions avec le mouvement phénoménologique : Natorp, Lask, Rickert notamment représentent des objets d’étude privilégiés pour des historiens de ce mouvement.

Enfin, l’étude de la mutation du courant phénoménologique entre les deux guerres, avec Heidegger, mais pas seulement (on peut penser au dernier Scheler) a conduit à la mise en place d’un groupe de travail autour de la question de l’anthropologie philosophique et de son impact dans la philosophie allemande du XXe siècle (J.-C. Monod, C. Sommer).

Ainsi, tout en poursuivant l’objectif d’une détermination érudite et conceptuelle plus précise de l’histoire du mouvement phénoménologique, de sa nature et de sa diversité, cet axe de recherches veut également contribuer, en en démêlant les fils complexes, à écrire une autre histoire de la philosophie allemande du cœur du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Celle-ci est en effet, jusqu’à la théorie critique (J.-O. Bégot) et Blumenberg (J.-C. Monod), traversée par le thème phénoménologique.


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